Papa part en mission : gérer la crise avec le petit

Papa ou maman part en mission, en Opex, en vigipirate, bref, vous allez vous retrouvez seul(e) avec vos enfants.

Le petit a décidé d’exprimer tout son mal être à la personne qui reste, en l’occurrence, vous. Courage ! Vous vous demandez comment on fait pour accueillir tout ça ? Qu’il soit en colère, renfermé, triste, inquiet ?  Je vous donne mon plan ORSEC en 8 commandements. Et pour motiver les troupes, je te tutoie !

 

1/Ta vigilance tu aiguiseras.

Tu es le phare, le repère de la maison maintenant. C’est toi qui va recevoir les signaux de détresse de ton loustic. Tiens-toi prêt, ça peut tanguer. Et même lorsqu’ en apparence, tout va bien, tu vas devoir utiliser ton sonar pour tenter de débusquer les petites émotions qui parasitent en sous-marin. La plus commune, l’angoisse de séparation. Et juste derrière, la peur de l’abandon. L'anxiété est aussi parfois de la partie et n'est pas toujours évidente à déceler chez les enfants. Voici quelques indices :

- Apparition de nausées, perte d'appétit, maux de ventre : ben oui, le cerveau s'active face aux dangers; et l'inconnu ou la peur de l'abandon peuvent être perçus comme des dangers. L'amygdale réagit et envoie le message "économise ton énergie pour combattre ou t'enfuir", un des symptomes peut être le ralentissement de la digestion, voire des vomissements ou la nausée. Apprends à ton enfant à RES-PI-RER profondément et calmement pour calmer l'amygdale. Cette amygdale fait son travail de lanceur d'alerte à la perfection ... il faut apprendre à la raisonner.

Attention, on ne rigole pas avec la douleur, un enfant qui exprime une douleur au ventre générée par de l'anxiété, c'est une douleur réèlle. Un travail subtil t'attend : faire comprendre à ton enfant qu'il peut y arriver, qu'il va supporter cette absence et vous allez (le militaire et toi) tout faire pour cadrer cet évènement pour qu'il se passe bien. (Lis cet article pour faire un premier pas)

Il y a d'autres symptômes de l'anxiété, je ne peux pas tous les lister. La difficulté à dormir, le fait qu'il ne veuille plus te quitter, les douleurs aux bras ou jambes, la fatigue, les plaintes ... je pourrais en faire un article complet et détaillé un jour.

2/ Le contact tu établiras.

Tu as remarqué un truc : il s'énerve beaucoup plus facilement que d'habitude / il vient d’exploser sur son parent parti (ou sur le départ) / il refuse de dire un seul mot au téléphone. Ok. Fais-lui savoir que ta longue vue a capté l’information. « J’ai l’impression qu’il y a quelque chose qui ne va pas.  Tu sais, parler avec quelqu’un parfois, ça fait du bien. Tu veux en discuter avec moi ? » Explique-lui que la colère c'est légitime et que tu l'acceptes, qu'exprimée avec des mots, tu la comprendras encore mieux. Après l'orage, même si t'as aucune envie d'être conciliant, rappelle-toi que ton enfant est en alerte, qu'il est jeune et qu'il n' a pas tes capacités de prise de recul. Je sais ... c'est moins facile de s'en rappeler parfois, mais il compte sur toi. Encore une fois, l'amydale en mode "survie", ça se traduit par des explosions de colère. Trouve le bon dosage entre ce qui est acceptable, et tes limites en acceptant toujours que toutes les émotions ont droit de cité.

3/ Ton écoute tu travailleras.

Tu es SA maman ou SON papa et ton instinct est souvent extra avec tes enfants. Les meilleurs cadeaux à leur offrir se résument en deux mots : l’écoute et l’empathie. Une écoute patiente, entière et sans interprétation. L’empathie arrive après l’écoute, c’est ta capacité à te mettre à sa place et de ressentir les émotions qui le traversent. Il te faut tendre une oreille compréhensive sans jugement.

4/ Ta communication tu soigneras.

Si ton enfant décide de revenir à quai pour discuter, tu ne qualifieras rien de « Bizarre », de  « Pas grave », de « Pas important », de « Bête». Tu ne le compareras pas à quelqu’un d’autre « Regarde ton frère, il va bien lui ». Tu ne lui colleras pas d’étiquette « Tu t’inquiètes toujours pour tout ». Pense à traiter le comportement au regard de ce qu'il se passe : il se peut que ton enfant exprime de l'anxiété, et il ne le fait pas comme un adulte.

5/ Du jeu tu useras.

Impossible de le faire parler ? Joue avec lui ! Avec un jeune enfant, une petite scène jouée par son parent avec ses petites voitures, ses poupées ou ses Playmobils et hop ! On met des mots sur une situation et on peut même montrer comment elle pourrait se passer autrement. Le jeu est un outil formidable, les enfants en sont friands et c'est un moment de partage qu'ils apprécieront. Et lui lire un bon livre sur le sujet (émotions ou absence) ? Pourquoi pas ! Regarde ici

6/ Les émotions tu décriras.

Une émotion s’identifie et se valide : "Oui, je comprends que tu ressentes ça". En premier lieu, on met le doigt dessus, on décrit ce qu'elle nous fait en dedans ("quand je me sens en colère, j'ai chaud à la tête, j'ai envie de crier") Parfois, elle vient comme une vague, « Qu’est-ce que ça te fait dans ton ventre quand tu es énervé ? » on peut décrire chaque étape de son avancée. Pour finir elle se respire et s’accueille, "Quand je suis triste, je pleure un peu, souvent ça me soulage" Lorsque je suis en colère je peux m'isoler, respirer lentement et attendre un peu au lieu de réagir sous l'impulsion".  On lui apprend à s’observer et à déceler l’origine de son émotion. Tu peux aussi lui expliquer comment toi tu fais pour gérer tes émotions.

7/ Ta propre attitude tu surveilleras.

L’enfant est souvent lui-même équipé d’un excellent sonar pour repérer les émotions (même refoulées ou non exprimées) de papa et maman. Il ressent la tension, l’inquiétude, la colère, etc… alors sois attentif, qu’est-ce que tu envoies comme signaux toi aussi ? On a le droit de ne pas être bien,  on peut en parler avec lui, partager un peu sans déborder. Se serrer les coudes, ça fait du bien. Aussi, je trouve que ça participe à la normalisation des émotions que de montrer ou de les exprimer en tant qu'adulte.

8/ Un phare solide tu incarneras.

Tu n’as pas le choix, oui, c’est comme ça et tu verras, tu as des ressources que tu ne soupçonnes même pas. Je te parle même pas de celles de ton petit mousaillon : il en déborde ! Si tu parviens à travailler les 7 premiers commandements, le 8ème viendra tout seul. Accepte de ne pas tout maitriser, je suis sûre que tu fais le mieux possible. Derrière les nuages, il y a toujours le soleil !

 

 

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