Je m'accroche comme une tique, viellir ou pas

L'autre jour, je regardais le live d'une streameuse que je suis depuis presque 10 ans. C'est une petite nana, atypique, qui disparaît et réapparaît régulièrement sur Youtube. J'y suis allée avec un peu de méfiance. Depuis que je fréquente Twitch, à deux reprises,  j'ai fait l'erreur de vouloir découvrir en live deux personnalités publiques (confidentielles, assez "niche") et j'ai été très déçue de la claque de réalité que j'ai prise. La personne en live, c'est vraiment autre chose que la personne qui nous apparaît en vidéo, de celle qui se raconte, réalise un montage etc...  

Elle était en train de discuter avec un jeune homme de 20 ans qui, gavé de contenus masculinistes, crachait son petit discours de roquet immature. Il finît par dire "Ouais, les meufs de mon âge elles sont toutes Blue pilled, c'est un enfer..." 

La streameuse l'a interrompu net. Elle lui a demandé, avec beaucoup de bienveillance, de faire attention aux références "trop actuelles", elle a donné mon âge au jeune homme, en spécifiant que voilà, j'étais maman, je ne faisais pas partie de leur génération et que je pouvais ne pas les comprendre.

J'ai ri toute seule sur mon canapé et je les ai rassuré sur mes capacités, tout en soulignant que Matrix datait de 1999 (le jeune homme n'était donc qu'un amas organique indéfini).

J'ai ri d'abord parce que j'avais parfaitement compris la référence. Mais j'ai ri avec un arrière goût la minute d'après, parce que je me suis soudain retrouvée confrontée à quelque chose d'évident : aux yeux des autres, je fais désormais partie de ces personnes dont on suppose qu'elles pourraient ne plus être à jour culturellement.

Sur le moment, ça m'a amusée. Puis ça m'a fait réfléchir. J'ai 48 ans. 49 en octobre.

Et pourtant, quand je pense, à l'intérieur de moi, je n'ai absolument pas l'impression d'avoir 48 ans.

Je ne suis pas dans le déni. Mon corps, lui, sait très bien quel âge j'ai (ce conn%rd). Il me le rappelle régulièrement. Certaines douleurs apparaissent sans invitation. L'énergie n'est plus tout à fait la même. Les hormones ont leur mot à dire. J'ai des maladies chroniques... ahah, on se marre ici.

Mais intérieurement ?

Intérieurement, j'ai souvent l'impression d'avoir quelque chose comme 25 - 30 ans. Pas exactement la même personne qu'à 30 ans. J'ai accumulé de l'expérience, des connaissances, des blessures aussi. J'ai changé sur de nombreux sujets. Et pourtant, il existe une continuité profonde. Un noyau.

La femme qui réfléchit, qui s'émerveille, qui s'agace, qui crée, qui apprend, qui se passionne pour des sujets improbables, c'est toujours la même. Gwen est toujours là, avec son majeur dressé pour dire coucou, ses pas de danse comme en rave, sa colère d'ado rebelle etc... Comme si le temps lui avait juste ajouté des couches sans jamais remplacer le cœur du personnage.

Cette réflexion m'a conduite à me demander si nous ne vieillissions pas tous de façon différente. Et comme j'adore avoir la prétention d'inventer des théories, j'ai conclu qu'il existe deux grandes manières de vieillir.

La première consiste à conserver essentiellement les repères culturels de sa jeunesse ou génération. Je pense par exemple, à ma mère. Les artistes qu'elle aimait à vingt ans, elle les aimait encore à quarante ans. Puis à cinquante. Puis à soixante. Si demain je me pointe chez elle et je lui demande de me mettre de la musique pour danser, elle va me passer "Alexandrie, Alexandra" et Aaaaaah ! 

Ses références forment un territoire familier dans lequel elle continue et a toujours d'habité. Il n'y a rien de mauvais là-dedans. Au contraire. Ces références racontent une histoire. Elles sont chargées d'émotions, de souvenirs, de moments de vie. Elles sont devenues une forme de maison intérieure. J'ai moi-même cette maison où j'ai mes propres références, qui restent ancrées. Je vais régulièrement revenir à de vieux films, au grunge et à mes goûts vestimentaires restent les mêmes que pendant mon adolescence et mes années de jeune adulte. 

Mais j'ai opté, selon moi, pour une autre manière de vieillir qui consiste à conserver cette maison tout en continuant à ouvrir des portes. La deuxième façon, selon moi, de vieillir. 

Le grunge fait partie de mon ADN culturel. Mais j'ai ajouté beaucoup d'autres rocks au fil des années. J'écoute encore de la musique latine, celle qui m'accompagne depuis des décennies. Je garde une affection particulière pour les Fabulous Cadillac; mais dans le même temps, je me suis retrouvée à écouter Bad Bunny à mort en jardinant et je jardi-danse à fond en espagnolant n'importe quoi. J'ai appris l'anglais jusqu'à mes 22 ans et je n'ai jamais cessé de l'utiliser. Pour moi, me priver des ressources internet anglophones, ça aurait été castré mes recherches. Aujourd'hui, j'impressionne mes petits partenaires de gaming, qui trouvent que je parle comme leur ancienne prof. Le bilinguisme, c'est une façon d'être restée à jour. 

Je n'ai pas choisi d'être comme ça, j'en ai jamais rien eu à faire d'être dans l'air du temps. Simplement j'ai toujours été curieuse. Parfois, j'ai juste eu envie de comprendre ce qui plaisait à des millions de personnes. Parce que découvrir quelque chose de nouveau reste un plaisir. Je crois que cette curiosité change profondément notre rapport à l'âge. Pendant longtemps, les générations vivaient dans des univers culturels beaucoup plus séparés. Les parents avaient leurs références. Les enfants avaient les leurs. Les mondes se croisaient peu.

Aujourd'hui, Internet a bouleversé tout cela. Une femme de 48 ans en 1987, c'est différent d'une femme de 48 ans en 2026.

Une femme de 48 ans peut réagir sur Twitch. Elle peut jouer à Fornite et faire des Lives. Une maman peut faire découvrir un morceau de Felhur x Andro ou Laucarré à son ado. Elle peut mettre de la phunk en préparant son risotto. Un ado peut écouter un groupe créé avant sa naissance (j'écoutais les Doors à 15 ans, d'ailleurs). Une discussion peut réunir autour de la même table virtuelle des personnes qui ont vingt ans d'écart et qui comprennent pourtant, même en partie, les mêmes blagues, les mêmes mèmes, les mêmes références.

Mon fils de 12 ans s'amuse à me parler avec des termes de gaming, car ça l'amuse de savoir que je le comprends. Je sais qu'il est un peu fier d'avoir des parents à la page, qui jouent et restent connectés au monde. 

Lorsque l'on continue à apprendre et à découvrir, on reste en contact avec les langages du présent. On ne renonce pas à sa génération ; on ajoute simplement des couches supplémentaires à sa culture. La maison intérieure a les fenêtres grand ouvertes. 

Et c'est peut-être là que réside l'une des plus grandes surprises du vieillissement !

On nous laisse croire que devenir vieux consiste à s'éloigner progressivement du monde. Or ce n'est pas forcément vrai. Certaines personnes s'éloigneront du monde progressivement dès 30 ans. D'autres continueront à le fréquenter avec curiosité à 70. Le chiffre sur la carte d'identité ne dit finalement pas grand-chose.

Ce qui compte davantage, c'est notre capacité à rester en mouvement.

Le philosophe Emil Cioran écrivait que l'on ne devient pas autre en vieillissant, mais davantage soi-même.

Je crois qu'il y a quelque chose de profondément juste dans cette idée. Avec les années, nous ne changeons pas forcément de nature. Nous révélons simplement plus clairement ce que nous étions déjà. Gwen a toujours été une découvreuse, une curieuse, elle est en perpétuelle mise à jour. (par contre, je vous jure, elle ne parle pas d'elle à la 3ème personne d'habitude) Alors peut-être que la question n'est pas : « Quel âge ai-je ? » Peut-être que la vraie question est : « Est-ce que je continue encore à rencontrer le monde ? »

Parce qu'au fond, lorsque je me sens avoir 30 ans, je ne crois pas que ce soit une question d'âge. Je crois que c'est une question de rapport à la curiosité. Bien sûr, je n'ai pas la prétention de tout connaître, mais j'aère ma maison le plus régulièrement possible. 

Personnellement, à l'Epad, je demanderai à ce qu'on passe Stupeflip le dimanche au salon :)

chronique humeur

Commentaires (3)

Anne
  • 1. Anne | 04/09/2026
Ah d'accord, désolée, j'avais mal compris ta démarche alors ;-)
À la lecture de tes articles, j'avais justement l'impression que tu aimais partir d'une expérience personnelle pour ouvrir une réflexion plus large, questionner, confronter les points de vue et pousser un peu les idées. C'est d'ailleurs ce qui m'avait donné envie de te répondre, parce que je trouvais intéressant de rebondir sur ce que tu écrivais et d'y apporter un autre regard.
Du coup, quand tu dis que mes remarques t'emmènent vers « un autre article », je comprends que ce n'est finalement pas vraiment ce type d'échange que tu recherches ici. J'avais sans doute pris ton blog pour un espace de discussion intellectuelle alors que tu souhaites davantage y partager ton propre cheminement et ton expérience.
Aucun souci, c'est moi qui avais mal compris l'esprit du blog.
En tout cas, je te souhaite sincèrement de trouver un peu d'apaisement dans toutes ces incompréhensions et ces difficultés relationnelles dont tu parles régulièrement dans tes textes. Et surtout de trouver autour de toi les échanges et les relations qui correspondent à ce que tu recherches.
Anne
lareflexiothecaire
  • lareflexiothecaire | 10/09/2026
Anne, en fait, ce qui me gêne dans tes interventions n’est pas que tu me contredises ou que tu pousses ma réflexion plus loin, mais que tu interprètes, voire réécrives mes propos et que, lorsque je te précise ce que je pense réellement, tu préfères ENCORE réinterpréter ma clarification plutôt que simplement envisager que tu m’aies mal comprise. Tu transformes mon « ce n’est pas ce que j’ai voulu dire » en « tu ne recherches pas ce type d’échange », avant de terminer par une allusion à mes « difficultés relationnelles », que je reçois comme une pique habilement déguisée.

C’est particulièrement déplacé lorsque quelqu’un te dit « ce n’est pas ce que je pense », de lui répondre en expliquant que le problème vient peut-être de ses difficultés relationnelles. C'est une manière bien pratique de ne jamais remettre en question sa propre interprétation.
Et c’est précisément ce que j'observe dans nos échanges depuis le début : même lorsque je prends le temps de t’expliquer ce que je voulais dire, tu préfères problématiser mon propos, tirer une conclusion sur la ligne éditoriale du blog, puis carrément sur moi, plutôt que d’entendre simplement que ton interprétation était peut-être erronée.

Alors oui, j’aime discuter, mais je n’aime pas qu’on me psychologise lorsque je pose une limite.
Effectivement, ce type d’échange ici, ce n’est vraiment pas ce que je recherche.

Bon vent, Anne ! Je préfère que nos échanges s’arrêtent ici.
Anne
  • 2. Anne | 26/08/2026
Merci pour ta réponse. Je comprends mieux ce que tu voulais faire, mais je ne crois pas que j'attendais de ton billet qu'il explore toutes les variables possibles ou qu'il épuise le sujet.

Si je suis partie un peu plus loin dans la réflexion, c'est surtout parce que ton texte m'y amenait. Quand tu parles de « deux grandes manières de vieillir », de personnes qui « s'éloignent du monde » ou lorsque tu écris que « ce qui compte davantage, c'est notre capacité à rester en mouvement », je ne le lis plus seulement comme le récit de ton expérience personnelle. Forcément, je me demande ce qui fait que certains restent « en mouvement » et d'autres moins, et si cela relève vraiment principalement de la curiosité.

D'ailleurs, quand tu précises dans ta réponse que rester à jour demande aussi du temps, de l'énergie, des relations, des compétences, une certaine santé, parfois de l'argent, c'est exactement là que je voulais en venir. Ça change quand même un peu la lecture : ce qui peut apparaître comme une différence de curiosité est aussi lié aux conditions dans lesquelles chacun avance en âge.

Mais il me reste surtout une question. Pourquoi associer le fait d'être curieuse, d'apprendre, de découvrir de nouvelles choses et de rester connectée au présent au sentiment d'avoir 25 ou 30 ans ? C'est peut-être finalement ce qui m'interroge le plus dans ton texte. Une personne de 70 ans peut être curieuse, apprendre une langue, découvrir de nouvelles musiques, comprendre les codes des plus jeunes, changer d'avis sur plein de choses, et se sentir pourtant pleinement avoir 70 ans.

Je me demande donc si, en voulant justement sortir de l'idée que vieillir signifie devenir dépassé, on ne conserve pas malgré nous un petit bout de cette représentation : la jeunesse resterait associée au mouvement, à la découverte, à la curiosité, tandis que l'âge serait associé à quelque chose de plus figé.

Et je ne pense pas que cette question m'emmène vers un autre article. C'est justement ton article qui me l'a fait me poser. ;-)
lareflexiothecaire
  • lareflexiothecaire | 27/08/2026
Anne, je crois qu'on tient peut-être enfin notre point de désaccord, et qu'il vient d'un glissement dans ta lecture : tu sembles m'attribuer une représentation du vieillissement qui est précisément celle à laquelle mon anecdote de départ m'a confrontée. La représentation de la Twitcheuse. Ce n'est pas moi qui ai pensé : « les vieux ne comprennent plus les références actuelles » ou « en vieillissant on devient figé ». C'est précisément le regard qu'elle m'a renvoyé à ce moment-là : attention, elle a 48 ans, elle ne fait pas partie de votre génération, elle risque de ne pas comprendre. Ma réflexion part de là : la surprise de découvrir que, pour les autres, je pouvais désormais appartenir à cette catégorie de personnes potentiellement déconnectées du présent, alors que ce n'est absolument pas ainsi que je me vis.
Quand je parle de curiosité, de découverte ou de continuité avec la Gwen de 25-30 ans, je ne veux donc pas dire que la curiosité serait une propriété de la jeunesse, ni qu'une personne de 70 ans curieuse devrait se sentir jeune. Je serais évidemment totalement d'accord avec l'idée qu'une personne puisse avoir 70 ans, se sentir pleinement avoir 70 ans et continuer à apprendre toute sa vie.

Ici, ce que j'essayais de raconter, c'est autre chose : certaines caractéristiques qui étaient déjà là chez moi à 20 ou 30 ans — la curiosité, le goût de découvrir, le fait de m'intéresser à des univers nouveaux — sont toujours là aujourd'hui. C'est cette continuité qui me donne parfois l'impression subjective de ne pas avoir autant « changé d'âge » intérieurement que mon corps et ma carte d'identité me le rappellent.
Nous sommes finalement assez d'accord sur le fond. Simplement, là où toi tu lis dans mon texte une opposition entre jeunesse = mouvement et vieillesse = immobilité (pour l'anecdote : ma maman travaillait en maison de retraite, j'y ai passé beaucoup de temps, c'est quand même très courant les vieux qui sont restés dans leur "maison intérieure", c'est mon expérience en tout cas) moi je pensais justement raconter ma surprise de constater que les autres commencent à me ranger dans cette opposition, alors que je n'ai jamais eu le sentiment d'avoir cessé de faire partie du monde qui m'entoure.
Anne
  • 3. Anne | 21/08/2026
J'ai trouvé ton texte vraiment intéressant. (je me permet le tutoiement)

Je trouve que ton anecdote sur Twitch dit quelque chose d'assez fort : finalement, ce n'est pas toi qui t'es sentie vieille à ce moment-là, c'est le regard de quelqu'un d'autre qui t'a soudainement renvoyée à ton âge. Comme si, à partir d'un certain moment, les autres commençaient à nous attribuer une identité générationnelle qu'on ne ressent pas forcément nous-mêmes. Et je crois que c'est peut-être ce qui m'a le plus intéressée dans ton texte.

Après, je suis un peu plus partagée sur l'idée des deux façons de vieillir. Je comprends très bien ce que tu veux dire avec ta mère et sa « maison intérieure », mais je me demande si ce n'est pas plus compliqué que ça. Est-ce qu'écouter toujours Claude François signifie forcément qu'on est resté dans les références de sa génération ? On peut très bien ne jamais renouveler ses goûts musicaux et être extrêmement curieux dans plein d'autres domaines. Finalement toi aussi tu gardes ton grunge, tout en ouvrant d'autres portes. Peut-être que ta mère a ouvert les siennes ailleurs.

Et je me suis aussi demandé si la curiosité suffisait vraiment à expliquer ces différences. Parce que le fait d'être sur Twitch, de jouer, de parler anglais, d'avoir des contacts avec des plus jeunes, d'être à l'aise avec Internet... ça vient aussi de notre parcours et de notre entourage. On n'a pas tous les mêmes occasions ni les mêmes ressources pour rester en contact avec les nouveaux codes. Quelqu'un peut être très curieux et malgré tout être beaucoup moins connecté à tout ça.

C'est pour ça que ta phrase sur les personnes qui « s'éloignent du monde » m'a interrogée. Parfois, ce n'est peut-être pas seulement nous qui nous éloignons du monde ; le monde peut aussi s'éloigner un peu de nous. Avec l'isolement, la santé, le travail, l'argent, le numérique, les personnes que l'on côtoie... on ne vieillit pas tous dans les mêmes conditions.

Et il y a un petit paradoxe que j'ai trouvé intéressant : en voulant montrer que vieillir ne signifie pas devenir dépassé, tu mets beaucoup en avant le fait de rester connectée, de comprendre les jeunes, de découvrir de nouvelles musiques, de jouer, etc. Je me demande si, sans le vouloir, ça ne crée pas aussi une sorte de modèle du « bien vieillir » : celui où il faudrait continuer à être dans le mouvement et à se mettre à jour. Alors qu'on peut peut-être très bien vieillir sans connaître les codes de Twitch et rester totalement ouvert au monde.

Même chose quand tu dis te sentir 25/30 ans parce que tu es toujours curieuse. Je me suis demandé : pourquoi associons-nous spontanément cette curiosité à la jeunesse ? Une personne de 75 ans peut se sentir pleinement avoir 75 ans et continuer à apprendre, découvrir, s'émerveiller et changer.

Du coup je crois que je te rejoins complètement sur ton idée de départ : on ne devient pas soudain quelqu'un d'autre parce qu'on vieillit. Là où je nuancerais, c'est que notre façon de vieillir ne dépend peut-être pas seulement de notre personnalité ou de notre curiosité. Il y a aussi notre parcours, nos rencontres, nos ressources, notre environnement... et ce fameux regard des autres qui, parfois, nous fait prendre conscience de notre âge avant même qu'on le ressente nous-mêmes.

Enfin voilà, c'était mon petit regard sur ton texte, pas pour contredire ce que tu racontes, mais parce qu'il m'a justement donné matière à réfléchir.

Dommage que les publications soient très rares.

Belle journée
Anne
lareflexiothecaire
  • lareflexiothecaire | 25/08/2026
Merci Anne, j'apprécie sincèrement la lecture attentive que tu fais de mes textes. Je crois simplement que nous ne plaçons pas toujours le même niveau d'attente dans un billet : là où tu cherches parfois à élargir la réflexion à toutes les variables qui peuvent entrer en jeu, je pars d'une expérience personnelle et je suis le fil qu'elle ouvre, sans prétendre épuiser le sujet. Tes questions sont intéressantes, mais elles m'entraînent parfois vers un autre article que celui que j'ai voulu écrire. Je sais que chacun réagit aussi avec sa propre position, sa propre histoire, donc merci de partager avec moi tes réflexions. Je pense, pour te répondre et aller dans ton sens, que "rester à jour" demande des ressources. Du temps, de l'énergie, parfois des relations, des compétences, un accès au numérique, une certaine forme de santé, et parfois de l'argent. J'ai insisté sur les "codes" actuels que j'ai l'impression d'avoir intégrés (monde numérique, musique, réseaux sociaux, gaming ..) car ce sont des sujets qui occupent une grande partie de la vie d'une majorité d'ados et "jeunes" d'aujourd'hui que j'ai côtoyé et côtoie. Moi, ce que je retiens de mon anecdote Twitch, c'est la surprise de constater que le monde me classe désormais parmi les personnes susceptibles de ne plus comprendre le présent, alors que subjectivement, je n'ai jamais cessé d'avoir le sentiment d'en faire partie. Vraiment j'insiste, je parle de moi, de mon expérience au monde, même quand je donne l'impression de sortir de grandes théories :)"

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